MINEMA // MUSICAL // FIDDLER ON THE ROOF

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Comme la littérature, le théâtre et le musical ont leurs classiques. Récemment, nous avons eu l’occasion de voir Fiddler on The Roof au Playhouse Theatre de Londres, alors, curieuses, on s’est aussi fait une toile. SPOILER ALERT LEVEL 4/5

Fiddler on the Roof c’est un tableau de maître, basé sur les histoires de Sholem Aleichem et adapté en musical par Jerry Bock, Sheldon Harnick et Joseph Stein en 1964. C’est un tableau représentant la culture juive du début du XXe siècle en Ukraine étonnant de réalisme, d’humour et de modernité.

Si le Tsar et son influence chrétienne sont bel et bien là, les habitants du village d’Anatevka se contentent de l’ignorer autant que possible et de vivre dans leurs Traditions, comme ils le chantent si bien en ouverture. Pourtant, si certains personnages y sont fermement attachés, lorsque les lignes bougent et que des changements surviennent, notre personnage principal, Tevye, trouve toujours un moyen pour faire de cette nouveauté quelque chose d’acceptable pour sa communauté qui, au fond, reste assez ouverte à de nouvelles idées (sauf s’il s’agit du Tsar).

La romance est partout et dans un monde où la tradition veut d’un mariage arrangé, approuvé par le père et choisi par la marieuse Yente. Si certaines en rêvent d’autres redoutent cet arrangement presque commercial et fortement injuste, comme le chantent les cinq filles de Tevye (Matchmaker, Matchmaker). Celui-ci se retrouve à accepter, non sans négociations, que deux de ses filles épousent les hommes de leur choix, chose tout à fait inhabituelle. S’il accepte ici, car elles se marient au sein de leur communauté, il rejette la dernière qui épouse en secret un soldat du Tsar et donc un chrétien. Ce n’est que lorsque celui-ci dit ne plus être soldat et partir également du village que Tevye semble plus ouvert… Même s’il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Si l’histoire se termine par un exode des juifs chassés de leur village, et donc sur une note légèrement sombre, il y a aussi, et heureusement, beaucoup d’humour dans cette comédie musicale. Qu’il s’agisse de la scène du rêve ou des punchlines de Yente et de Tevye, il y a toujours un moment où l’on se laisse porter par leur humour. Et lorsque ce n’est pas l’humour, c’est la danse avec l’impressionnante scène des bouteilles au mariage ou encore les danses traditionnelles russes dans le bar, un rare instant d’entente entre les deux communautés. Le tout est supporté par des chansons devenues cultes comme If I Were a Rich Man, Sunrise, Sunset ou encore To Life.

La tradition et la modernité se mélangent avec justesse par le rire et l’émotion et racontent une belle histoire pittoresque et plausible. Mais tout ce qui fait la saveur de la chose c’est la mise en scène et le rythme. Et pour le coup, c’est celle vue sur scène qui l’importe sur le classique film de 1971, de Norman Jewison.

Si le film a une image superbe, des plans, notamment le dernier tout en ombre, à couper le souffle, la mise en scène de Trevor Nunn a un rythme plus soutenu et un ton parfois plus léger qui donne toute leur ampleur aux blagues, gags et autres punchlines. Et le rythme fait tout. Dans une mise en scène visuellement superbe, efficace sans être chargée, fidèle sans être ultra-réaliste, on voit l’ensemble faire vivre tout un village et se perdre dans les sièges du parterre comme si le public faisait aussi partie d’Anatevka.

Si le film est un bon substitut pour ceux qui ne peuvent pas voir la pièce, nous avons été plus que convaincues par la version scénique de Fiddler on the Roof, et de fait nous ne pouvons que recommander vivement de courir, voler ou se téléporter dans la salle de spectacle au plus vite.

Bande-annonce :


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