MINEMA // FYRE: THE GREATEST PARTY THAT NEVER HAPPENED

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De la même façon que la musique ne se résume pas qu’au son, le cinéma n’est pas fait que de fiction. Parlons donc de musique au cinéma avec le documentaire choc de Netflix : Fyre: The Greatest Party That Never Happened. SPOILER ALERT LEVEL 5/5

Imaginez un festival absolument parfait, qui amène les clichés parfaits d’Instagram à la vie. Les images seraient fabuleuses, le cadre paradisiaque, la fête permanente et le luxe omniprésent. Si le luxe est votre idée du fun, évidemment. Sur l’ancienne île de Pablo Escobar, un entrepreneur, Billy McFarland, veut mettre en place ce qui serait le meilleur festival de la planète et surtout le plus exclusif.

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Les places sont hors de prix, entre 450 $ et 250 000 $. C’est potentiellement grâce à une communication et un marketing bien senti qu’elles ne sont plus disponibles. Un sold out avant l’ouverture des portes… pour des novices en matière de festival, c’est encourageant et très vite McFarland s’entoure de gens qui croient en lui et sa vision révolutionnaire du festival de luxe. En tout cas pour la majorité. Ceux qui sont plus incertains se voient motiver par l’assurance sans faille de McFarland ou sommer d’obéir aux ordres, pour le bien du festival.

 

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Et puis il y a le revers de la médaille : comment créer un festival? Sur quels fonds? Quel budget? Quels artistes? Quelles tentes? Quels services? Quelle eau? Quelle électricité? Quel lieu? Quelle sécurité? Autant de détails qui font un festival une réussite ou un échec. Et ici, bien sûr, c’est l’échec. Il a été tellement cuisant qu’il semble fabriqué de toutes pièces. Est-ce un mockumentaire? De la fiction déguisée autour du thème “festival de musique”? Non, tout ça est bel est bien réel.

Commençons par le lieu: l’île paradisiaque aurait été donnée à McFarland, ou plutôt il aurait un arrangement, ou en tout cas il peut l’utiliser à condition de ne pas dire qu’elle appartenait à Escobar. Il le dit dans la vidéo de promotion tournée sur place. Il se fait jeter de l’île. Il faut tout repenser ailleurs. Le projet voyage d’île en île jusqu’à trouver un espace absolument pas conçu pour ça. Il ne dit rien sur les réseaux, la publicité reste la même.

Poursuivons avec les promesses aux festivaliers. Pour ce prix-là, il y a de tout: choisissez les tentes de luxe sur la plage, avec un accès internet et des lits spacieux. Sinon optez pour la villa d’influenceurs, le vol en jet privé ainsi que les activités jet-ski exclusives. Ajoutez un extra pour une fête sur un bateau non loin des côtes. De toute façon il y aura une restauration sans faille avec sushis et tempuras et autres canapés au caviar. Tout est faux bien sûr. Mais la pub semble si vraie, si réelle…

 

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Source: Netflix

 

Le résultat : des tentes inondées, insalubres, sans eau ni électricité, posées sur du béton avec des matelas imbibés d’eau de pluie. Les sandwichs sont de simple bout de pain accompagné d’une pauvre tranche de tomate et d’un carré de fromage qui ressemble plus à du plastique qu’à quelque chose de comestible.

La musique enfin, on y vient. Major Lazer, Blink 182, Migos… la liste n’est pas très longue et on voit vite que le but de ce festival n’est pas temps de voir des artistes sur scène que de prendre énormément de photos pour son compte Instagram, rencontrer les célébrités invitées dans leurs villas sur la plage et faire la réputation des organisateurs. Les cachets des artistes n’arrivant jamais, ils annulent leur venue, évidemment.

 

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Source: Netflix

 

L’ensemble des festivaliers arrivant sur les lieux ont découvert, petit à petit, chaque mensonge. La fraude est immense. Une belle arnaque à base de réseaux sociaux et d’influenceurs utilisés et payés pour être des écrans publicitaires imposants et omniprésents dans le paysage numérique.

Mais ce n’est pas le plus choquant à mon sens. Ce qui semble parodique dans ce documentaire est bien réel. Lorsque l’un des producteurs annonce qu’il faut un plan en drone avec les filles sur les trois bateaux en formation V, on pourrait croire, vu son ton, à une grosse blague. Lorsqu’ils comprennent que la sécurité fait défaut, c’est bien réel. Tout jusqu’à la dernière seconde, l’entêtement de McFarland, les demandes bizarres à ses collègues… Tout est réel et c’est ce qui me fait froid dans le dos.

La justice fait son œuvre de son côté en envoyant McFarland à l’ombre pour un moment. Ici, on se prend d’une étrange fascination pour le festival, sa conception et son échec. Si le documentaire n’est pas parfait, objectif à 100% ou complet, on reste fasciné par la façon de faire et on attend encore ce moment où on nous dit que c’est une blague qui ne viendra sans doute jamais…

On regrette que ce ne soit pas la musique qui soit au cœur de projet pareil. Mais on comprend aussi très vite que si la musique était au cœur du projet, le festival n’aurait sans doute pas été pensé de la même manière. De toute façon, aucune line-up ne vaudra jamais 450 $ de nos poches.

Bande-annonce:

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