MINEMA // LA MÔME

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2007. Marion Cotillard ne le sait pas encore, mais elle s’apprête à marquer le cinéma international avec un biopic musical majeur. Une réussite dont je me devais de parler ici : La Môme, d’Olivier Dahan. SPOILER ALERT LEVEL 5/5.

Il y a douze ans, avant Christopher Nolan, Olivier Dahan faisait mourir Marion Cotillard à l’écran, sous les traits d’une des plus grandes dames de la chanson française, Édith Piaf. Si la mort dans le film de Nolan a fait rire, celle dans celui de Dahan a adoubé l’actrice de quelques prestigieuses récompenses. L’émotion est intense, le regard juste et la musique, lyrique et poétique, s’envole dans l’air.

La construction est relativement proche d’un biopic classique : enfance, adolescence, début difficile, ascension, chute, excès et mort, à la différence près que la narration n’est pas linéaire. Elle saute d’un moment de vie à l’autre, en racontant un tout avec élégance.

Si on commence par une chute de la grande artiste sur scène, on poursuit avec son enfance. À sa mort, nous sommes plongés dans ses souvenirs de jeunesse qu’on aura suivie plus tôt également. Les proportions de ces séquences sont justement respectées pour agir comme des réponses les unes avec les autres.

Toute la vie, ou presque, de Piaf se retrouve sur la pellicule. Est-ce réel? À défaut d’être exhaustif, et en bougeant quelques lignes çà et là, le film est non pas réel mais crédible de bout en bout. Le caractère de la chanteuse, sa gestuelle, ses tragédies et ses succès sont montrés de façon brute, parfois cruelle.

On pense notamment à ce plan séquence annonçant la mort de Marcel Cerdan à Édith, d’abord persuadée de le voir, dans une humeur habituelle, puis déchirée qui, après s’être effondré monte sur scène quand même. Toute cette scène, pourtant, ne contient pas une note de musique. Étrange pour un moment si important. C’est là le génie de Dahan. La vulnérabilité de Piaf est là, sa force est dans la musique. Le contraste est saisissant et la scène magistrale. On pourrait d’ailleurs écrire beaucoup plus rien que sur cette séquence absolument étourdissante.

Au-delà de cela, la musique traverse le film comme Piaf traverse la vie. Souvent magique, c’est aussi souvent brut, inattendu ou violent. La musique marque joies et peines jusqu’à ce que l’on arrive à Non, je ne regrette rien. Son écoute par l’interprète d’abord, qui émue se sent pousser des ailes, puis son interprétation qui, de nouveau, ne peut pas nous laisser de marbre.

Ce film est immense dans bien des sens. Artistiquement très abouti, le rendu reste sincère et témoin d’une admiration de l’artiste sans vouloir cacher les parts d’ombres. Malgré son caractère, on s’attache à la Môme Piaf jusqu’au bout avec ce regard perdu et se souvenir sur la plage. Pas de carton, pas d’écrit ou d’explication. Le film n’en a pas besoin. La vie d’Édith Piaf non plus.

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