Le blasphème dans son plus bel écrin.

Papa Emeritus III (Ghost), à Den Atelier, Luxembourg, le 18 novembre 2015. (photo: Léa Fochesato).

Papa Emeritus III (Ghost), à Den Atelier, Luxembourg, le 18 novembre 2015. (photo: Léa Fochesato).

Date : 18 novembre 2015

Lieu : Den Atelier, Luxembourg ville, Luxembourg.

Un concert de heavy-métal (c’est ce que le billet indique), ça aurait pu en refroidir plus d’un. Pourtant devant les portes du Den Atelier, au-dessus desquelles on peut lire ‘we are Bataclan’ en blanc sur fond noir, les gens sont là. On rit, on est prêt à s’amuser avec le groupe Suédois Ghost (ou Ghost BC). Ce sont, pour certains sans doute, les champions du blasphème et de la perversion. Pile ce qu’il nous fallait ce soir.

Dans la petite salle, on se poste sur la passerelle, face à la scène. Vue prenante sur la fosse vêtue de noir majoritairement, de barbe pour beaucoup et de bière pour quelques-uns. Deux drapeaux bleu-blanc-rouge flottent de temps à autre, rappelant ces souvenirs douloureux mais montrant aussi la force et la conviction qu’il faut bien être là ce soir. Et Papa Emeritus III nous le rappelle plusieurs fois. Ce n’est pas parce qu’on a peur qu’on ne doit pas être là, au contraire. Et on s’amuse.

Après le groupe Suédois Dead Soul en première partie, qui offre une prestation musicalement sympathique et visuellement enfumée (littéralement), on patiente, odeur d’encens dans les narines et musique d’église dans les oreilles. Les Goules entre sur scène, comme nous les avions vus à Rock en Seine, en noir et avec ces masques diabolique qui leur donnent une classe infinie. Encore une fois, ils nous éblouissent de leur charisme. Puis vient celui que l’on appelle Papa, dans son habit papal, baignant dans le charme sombre de son aura.

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Ghost à Den Atelier, Luxembourg, le 18 novembre 2015. (photo: Léa Fochesato)

Musicalement, c’est sublime. Riffs gras, textes pervers et poétiques, voix douces, envolés lyriques… le tout dans des effets de fumées et de lumières qui font leur petit effet. Sublime. Le premier rang participe physiquement à cette messe sombre dont on avait besoin, grâce aux nonnes du groupes (des fans bénévoles) qui donnent à manger le corps et le sang du sauveur – comprendre le fils de Lucifer ici, bien sûr. Le reste de la salle participe en esprit.

C’est la moitié du concert quand Papa quitte la scène, laissant ses Goules faire vrombirent leur instruments avec force. Le groupe est généreux dans tous les aspects, de la musique au lancé de médiators et baguettes. Quand Papa revient, il a quitté sa toge pour un costume quasi militaire. Son visage de squelette est toujours là, sous ses cheveux noirs gominés en arrière. Il fait plus petit mais pas moins charismatique.

Le concert se clos avec Monstrance Clock bien sûr, et avec l’ordre de se laisser aller à la luxure parce que c’est aussi ça la liberté. On n’en attendait pas moins d’un Suédois habillé en pape satanique accompagné de ses goules. Et rien que pour ça on dit merci.

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